Une étonnante restauration – audacieuse de décalage – pour cette petite ville de Charleville-Mézières, que l’on associe souvent plus à son activité industrielle qu’à ses possibilités de villégiature. À tort, car la région est riche en histoire autant qu’en sites naturels. Depuis la gare, très facile de repérer l’hôtel : la lumière se reflète sur la haute façade, entièrement vitrée, où le fantôme de Rimbaud (natif de la ville) a recopié quelques-uns de ses vers préférés, en grandes lettres manuscrites bien déliées. Il n’y a qu’un pas à faire, traverser la rue, pour venir s’installer ici valise à la main. Dans le hall, les volumes sont vastes, agencés selon un registre plutôt contemporain – pas dans l’épure absolue, mais avec un fourmillement de détails décalés qui surgissent de ci de là, tels ce bar en métal et verre, cette collection de scooters anciens, ces jeux de couleurs et de luminaires à tort et à travers… Les chambres sont d’un confort absolu, bien pensées pour tirer le meilleur parti des impératifs techniques du bâtiment. Les premières catégories de chambres n’ont pas de fenêtres avec vue, simplement des Velux pour éclairer l’intérieur. Les autres donnent soit sur de tout petits patios, soit sur la rue. Les literies sont grandes, les salles de bains aussi, et il y a sur place un spa pour décompresser, un petit jardin dans une courette pour prendre l’air. Parfait pour une étape urbaine !